05.02.2009
La ministre de l'intérieur présente un plan contre les braquages de petits commerces
La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, présente jeudi un plan destiné à lutter contre les braquages de petits commerces comme les buralistes ou les supérettes qui, en raison de leur forte augmentation, inquiètent les pouvoirs publics. Mme Alliot-Marie avait annoncé le 19 janvier le lancement de ce "plan de lutte" contre les vols à main armée, en commentant le bilan 2008 de la délinquance, soulignant qu'ils avaient augmenté en 2008 de 15,40%. Cette hausse, selon elle, concerne essentiellement les vols à main armée visant les établissements industriels et commerciaux, qui sont passés de 2.907 en 2007 à 3.502 en 2008, soit une hausse de 20,46%. Selon l'Intérieur, il s'agit de "petits commerces de proximité" tels que les supérettes, les buralistes, les librairies, les pharmacies ou les restaurants et les vols sont souvent commis avec des "armes à feu réelles ou factices". Depuis l'annonce de ces chiffres, la tendance n'est a priori pas à la baisse. A Marseille, on parle de 3 à 4 vols de ce type par jour et de 2 à 3 dans certains départements d'Ile-de-France voire à Paris même. Ces vols se caractérisent, selon des sources policières, par leur rapidité et leurs faibles préjudices, quelques dizaines ou centaines d'euros tout au plus. Plus inquiétant, selon elles, la jeunesse de leurs auteurs, souvent mineurs. Une étude réalisée à Paris relève, selon le ministère de l'Intérieur, que ces vols sont le fait de "groupes de jeunes délinquants opportunistes, issus des quartiers sensibles" d'Ile-de-France, qui agissent en "maxi-scooter" afin de prendre rapidement la fuite. L'étude affirme que les banques ont modernisé leurs systèmes de sécurité et que les "délinquants jettent leur dévolu sur des cibles plus vulnérables". Les sources policières sont plus directes: "Certains braquent comme on va au marché", parfois dans plusieurs magasins de la même rue. Cela "pourrit la vie des quartiers" et "nourrit le sentiment sécuritaire", disent-elles. D'autant, ajoutent ces sources, que la délinquance générale dite de proximité, autrefois dénommée de voie publique (vols à l'arraché, dans la rue), qui était la plaie pour la police, est en constante baisse depuis quelques années. La ministre devrait, selon la place Beauvau, annoncer jeudi des mesures concrètes afin de "lutter contre les vols à main armée dans les commerces de proximité". Le tout en "relation avec les professionnels concernés" dont les organisations commencent "à donner de la voix", selon un membre du cabinet de la ministre. La tâche n'est pas aisée. A Paris, comme dans certaines grandes villes, remarquent les sources policières, il existe des plans anti hold-up et policiers et gendarmes "quadrillent le territoire en nombre". "Comment faire mieux ?", interrogent ces sources évoquant des systèmes d'alarmes plus sophistiqués, sur le modèle des GPS, dans les petits commerces.
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Les attaques de bijouteries en forte hausse en 2008
(Le Figaro.fr)
Inquiets et parfois même désemparés face à l'inédite bouffée de violence qui les frappe, les quelque 10 000 bijoutiers, horlogers, joailliers et orfèvres de France tirent la sonnette d'alarme. À l'occasion d'une grand-messe tenue à huis clos en leur siège parisien, ces professionnels habitués à travailler dans une atmosphère feutrée ont découvert l'édifiant état des lieux dressé par le commissaire divisionnaire Philippe Véroni, patron de l'Office central de lutte contre le crime organisé, et le directeur adjoint de la police judiciaire de Paris, Jean-Jacques Herlem. Les statistiques, portées à la connaissance du Figaro, sont éloquentes. En 2008, le secteur a été victime de 158 braquages avec armes à feu, soit une explosion de 42 % par rapport à l'année précédente. Dans le même temps, les policiers ont relevé 37 vols avec violences, 109 vols avec effraction, une dizaine de séquestrations ainsi qu'une vingtaine d'agressions visant des courtiers. Souvent le fait d'équipes spécialisées, les vols à main armée sont commis par deux catégories de voyous. La plus nombreuse, composée d'individus de plus en plus jeunes issus des cités de banlieue, prend volontiers pour cibles des boutiques installées dans des centres commerciaux dont le gérant est isolé. La seconde, marginale mais plus haut de gamme, recrute parmi les malfrats venus des pays de l'Est et menant des opérations de type commando calibrées au millimètre. La haute joaillerie les craint depuis leurs derniers faits d'armes, dont le spectaculaire hold-up du siècle qui a visé la boutique Harry Winston en décembre dernier pour un butin alors estimé à 85 millions d'euros. Le seul point commun dans ces braquages en série ? La froide détermination et la violence qui accompagnent les faits. «Trois ans après qu'une bande de malfaiteurs gantés, encagoulés et armés de kalachnikov eut pris en otage mon fils avant de ligoter mes dix employés dans nos ateliers et de dérober pour 300 000 euros de marchandises, je vis encore un lourd traumatisme, témoigne Maurice, 58 ans, gérant d'une société de fabrication de bijoux en région Rhône-Alpes. Pour éviter que cela tourne au carnage, j'avais réagi comme un automate en observant certaines règles de sécurité. Après notre agression collective, une équipe de psychologues était venue nous soutenir, mais il aurait été préférable d'avoir affaire à des spécialistes comprenant mieux les difficultés de notre métier. Depuis, j'ai doublé nos systèmes de protection même si je sais que cela ne sera jamais la parade absolue…» Grâce aux progrès de la police scientifique en matière de prises de traces papillaires et génétiques ainsi qu'au renforcement de la vidéoprotection, les policiers ont fait bondir leurs taux d'élucidation. L'année dernière, quelque 102 braqueurs de bijouteries ont été appréhendés contre seulement 41 en 2005. En région parisienne, une étude de la direction régionale de la police judiciaire révèle que seuls 10 % des interpellés ont sévi dans leur commune et 30 % dans leur département. Contrairement à tous les délinquants dits «de proximité » qui ciblent les buralistes ou les épiceries situés en bas de chez eux, les gangs raflant montres de luxe et pierres précieuses n'hésitent plus en effet à couvrir des dizaines de kilomètres avant de passer à l'action. Cette délinquance organisée a rendu indispensable un plan de coordination policière sur les grands axes routiers de l'Ile-de-France, la mise en place depuis 2003 d'une conférence radio mobilisant tous les services répressifs de la région en cas d'attaque et des échanges d'informations confidentielles sous l'égide de la Brigade de répression du banditisme et de la PJ de Versailles. Les professionnels, qui ont créé en 2002 l'Observatoire de sûreté de l'horlogerie-bijouterie, présidé par Bernadette Pinet-Cuoq, multiplient quant à eux les bulletins d'alerte aux professionnels pour décrire les derniers modes opératoires et diffuser des photos de suspects encore en liberté. Les détaillants apprennent ainsi à déjouer les agressions en luttant contre leurs pires ennemis : la routine et le manque de discrétion.
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