Un meurtre pour quelques bagues à six sous. L'illustration tragique d'une flambée de violences sans précédent sur fond de vols à main armée qui a secoué Marseille l'année dernière. Patrick Chambre, 50 ans, succombait sur le sol de sa bijouterie, à La Rose (13e ), tué d'un coup de fusil, le 5 octobre 2006. Après de minutieuses investigations, les enquêteurs de la direction interrégionale de la police judiciaire ont fini par arrêter cinq individus mercredi, à leur domicile.De source proche du dossier, on estimait hier soir que se trouvait parmi eux l'ensemble de l'équipe qui a participé au braquage sanglant. Tous restaient toujours en garde à vue, hier soir, dans les locaux de l'Evêché. Ils ne devaient être mis en examen que ce matin, très vraisemblablement par le juge d'instruction Thierry Azéma, en charge du dossier. Ni l'identité des suspects ni leur quartier d'origine n'ont été divulgués hier, mais il semble bien qu'il s'agisse de petits braqueurs sans envergure, déjà connus des services de police pour des vols ou agressions, sans commune mesure avec les faits pour lesquels ils sont aujourd'hui poursuivis.
Trois individus avaient déjà été mis en examen pour complicité d'homicide volontaire, dont l'auteur du vol du véhicule utilisé lors du braquage. Depuis, les fonctionnaires de la PJ ont peu à peu resserré l'étau autour des suspects. Le matin des faits, quatre garçons se trouvaient sur les lieux. Trois pénétraient dans la bijouterie pour réclamer le contenu du coffre-fort, pendant qu'un quatrième complice patientait dans la voiture volée, une Renault 19 rouge, faussement immatriculée dans le Var.
Le meurtre du commerçant avait bouleversé tout le quartier de La Rose à l'automne dernier. Une marche silencieuse avait même été organisée pour saluer sa mémoire. Le climat s'était particulièrement alourdi dans les rangs de la profession puisqu'un autre artisan, Krikor Icsi, avait déjà trouvé la mort dans des circonstances similaires, en février. Des braqueurs, depuis sous les verrous, l'avaient visé, à bout portant dans le visage, devant sa boutique de la rue de la Palud.



Trois braqueurs âgés de 23 à 25 ans ont été condamnés jeudi à des peines de 12, 15 et 20 ans de réclusion par la cour d'assises des Alpes-Maritimes pour avoir tenté de dévaliser, en février 2005, un supermarché dans une zone de Nice ultra-sécurisée à la veille de l'ouverture d'une réunion de l'Otan. A l'aube du 8 février 2005, les trois jeunes hommes, déjà connus de la justice, avaient vu échouer leur tentative de braquage menée sur une cible particulièrement mal choisie: un supermarché situé à quelques centaines de mètres du centre des congrès où devait s'ouvrir le lendemain une réunion des ministres de la Défense de l'Otan. La zone avait été "sanctuarisée" par les forces de l'ordre. Amateurs dans leur repérage, les braqueurs avaient été nettement plus redoutables dans le déroulement de l'opération: armés d'un fusil à pompe, d'un fusil de chasse, d'un pistolet automatique, ils avaient piégé, frappé et blessé un employé. Un coup de feu avait été tiré en direction des policiers.
L'avocat général de la cour d'assises de Seine-Maritime a requis mercredi des peines allant d'un an de prison avec sursis à 30 ans de réclusion criminelle à l'encontre de 14 prévenus soupçonnés d'avoir organisé et participé en avril 2003 au braquage d'une grande joaillerie de Rouen et, pour deux d'entre eux, au braquage et à la tentative de meurtre sur deux policiers.