29.09.2008

Vols à main armée dans des boulangeries : maigre butin, traumatisme important

Cagoule et casque intégral sur la tête, fusil à canon scié en mains, complice à l'extérieur qui attend sur un scooter. Le dispositif est impressionnant, beaucoup moins que le butin : 200 E. Ce qui fait dire à un avocat qu'on n'a pas affaire «  à une horde sauvage mais à une bande de pieds nickelés ». À l'audience, les trois prévenus ne paraissent certes pas méchants. Mais quand elle évoque son braquage, l'une des commerçantes parle la gorge serrée et dit qu'elle est angoissée depuis les faits. À l'origine de ces attaques à main armée, il y a un point commun : le besoin d'argent facile et rapide pour se payer de la drogue. Claudy Lengagne, 33 ans, est dans le box des prévenus. Il est en détention préventive pour des faits à la limite de la barbarie et qui devraient être jugés prochainement aux assises. Les deux autres comparaissent libres. Il s'agit de Florian Pavy, 23 ans, et de Mickaël Hétru, 23 ans aussi. Le 30 janvier 2006, la boulangerie de la rue Adrien-Danvers est attaquée. C'est là que l'auteur repart avec 200 E. Le 1er février à 7 h 45, même scénario devant la boulangerie Thomas puis, dix minutes plus tard, devant celle à l'enseigne Chocopain. Mais, dans ces deux cas, l'attitude des commerçants fait repartir l'agresseur les mains vides. Si les trois prévenus reconnaissent s'être retrouvés régulièrement dans le garage de Claudy Lengagne pour s'adonner à la drogue, notamment le 31 janvier au soir, Florian Pavy minimise les faits qui lui sont reprochés. Il ne reconnaît que la première tentative de vol du 1er février. Mickaël Hétru et Claudy Lengagne disent que c'est lui qui a aussi commis les deux autres attaques. Dans le premier cas, Claudy Lengagne pilotait le scooter tandis que, le 1er février, Mickaël Hétru était aux commandes. «  Les faits sont extrêmement graves. Ils auraient pu valoir à leurs auteurs de comparaître aux assises », note Florence Hydulphe, substitut du procureur de la République. Pour elle, Florian Pavy est bien l'auteur de l'attaque et des deux tentatives. Elle requiert contre lui dix mois de prison dont deux avec sursis et mise à l'épreuve (SME). Même type de peine (huit mois dont quatre avec SME) à l'encontre de Mickaël Hétru. Pour ces deux prévenus, l'obligation de soins fait partie des obligations demandées pour en finir avec la drogue. Le substitut souhaite douze mois ferme et mandat de dépôt (incarcération immédiate) à l'encontre de Claudy Lengagne. L'avocat de Mickaël Hétru met en avant qu'il s'est «  bien réinséré dans la société depuis les faits ». Celui de Florian Pavy note qu'il «  n'est pas le cerveau, le décideur de la bande il craignait les menaces de Claudy Lengagne ». Le défenseur de ce dernier retient qu'il n'a fait que prêter son scooter, que l'ensemble de l'opération «  s'est fait de concert ». Le tribunal est allé au-delà des réquisitions en condamnant Claudy Lengagne à dix-huit mois de prison ferme. Florian Pavy a écopé de quinze mois dont cinq avec SME et Mickaël Hétru de douze dont quatre avec SME. Ces deux hommes devront régler 1 000 E de dommages et intérêts à la boulangère qui s'était fait voler. •

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