10.07.2007

Le montant des paiements frauduleux par carte bancaire a augmenté en 2006

d3d2e433305bf72f31835ec448efd0dd.jpgAprès plusieurs années de baisse, la fraude aux cartes de paiement, par contrefaçon ou vol des numéros de cartes, a augmenté en valeur en 2006, pour s'établir à 252,6 millions d'euros, au lieu de 235,9 millions en 2005, selon des statistiques publiées mardi 10 juillet par l'Observatoire de la sécurité des cartes de paiement. Cela représente 1,226 million de paiements frauduleux.


Cette augmentation des paiements et des retraits d'argent frauduleux est due à un usage accru des cartes bancaires en France (78,6 millions de cartes et 7 milliards de transactions), désormais largement préférées aux traditionnels chèques (3 milliards de chèques émis). Le taux de fraude, lui, reste stable, à 0,064 %, un niveau inférieur à la moyenne européenne et à celui de bon nombre de pays européens dont le Royaume-Uni (0,14 %). Pour le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, qui préside l'Observatoire des cartes, le constat est positif : "Les travaux de l'Observatoire permettent de mettre en évidence (...) le niveau élevé de sécurité des cartes de paiement aujourd'hui en France", indique-t-il. M. Noyer estime cependant que "la fraude sur les paiements à distance et les paiements transfrontaliers doit continuer à faire l'objet d'une attention particulière".

De fait, les transactions internationales et les paiements sur Internet constituent les deux zones de vulnérabilité d'un système que la généralisation de la technologie de la carte à puce - une invention du Français Roland Moreno, en 1974 - a rendu très sûr. Ainsi, 60 % de la fraude porte sur les transactions internationales (cartes françaises utilisées à l'étranger ou cartes étrangères utilisées en France), qui comptent pour moins de 10 % de la valeur des paiements. Pour cette catégorie, le taux de fraude, s'il baisse légèrement par rapport à 2005, reste au niveau élevé de 0,36 %. La fraude, explique un expert de l'Observatoire, se déplace dans les pays qui utilisent encore massivement la carte à piste magnétique et tardent à se convertir à la puce (Etats-Unis, pays du Maghreb, etc.). S'agissant des paiements à distance (Internet, téléphone, courrier), le taux de fraude, en hausse, s'établit à près de 0,2 %. Il est plus élevé sur les paiements par Internet, dit l'Observatoire, rappelant que les sites marchands doivent comporter le cryptogramme de sécurité "CVx2". L'organisme fait de la surveillance des paiements en ligne l'une de ses priorités en 2007.

De fait, les cybercriminels redoublent d'imagination pour pirater les données liées aux cartes bancaires (numéro, nom du titulaire, date de validité etc.), selon la technique désormais connue du "hameçonnage" (de l'anglais phishing). Dans un rapport publié mardi, le centre anti-fraude d'EMC, le spécialiste américain de la gestion de données, note que "la fraude en ligne évolue constamment", le phishing constituant l'un "des vecteurs de criminalité organisée les plus sophistiqués et innovants menaçants le commerce en ligne". Si les banques américaines restent la cible privilégiée de ces attaques dont elles représentent 70 %, les banques françaises ne sont plus épargnées et figurent désormais dans le classement des dix secteurs bancaires les plus attaqués dans le monde. Elles ont été la cible, en juin, de 1 % des attaques de phishing menées au niveau mondial.

Le rapport

Les commentaires sont fermés.