29.09.2006

Réseau d'escrocs à la fausse carte bancaire en Auvergne

medium_00009200.jpgUn réseau d'escrocs roumains à la fausse carte bancaire opérant en Auvergne a été démantelé après six mois d'enquête et d'instruction, a-t-on appris de source judiciaire. "On peut penser que la partie du réseau opérant en Auvergne entre les mois de mars et avril 2006 a été démantelée", a précisé jeudi le procureur de la République de Riom (Puy-de-Dôme).


Sept hommes et une femme sont en détention provisoire, trois -dont une femme- sous contrôle judiciaire et deux hommes font l'objet de mandats d'arrêt dont un international. Ils sont mis en examen pour association de malfaiteurs, escroquerie, contrefaçons et usage de faux.
L'affaire a débuté le 3 avril dernier à Ménétrol (Puy-de-Dôme): les agents de sécurité de la grande surface Carrefour signalent à la police locale que deux hommes ont tenté d'acheter du matériel informatique mais qu'ils n'ont pu régler leur achat car leur carte bancaire étrangère ne fonctionnait pas. Les deux hommes, un Français et un Roumain disposant de faux papiers d'identité grecs, sont rapidement interpellés. medium_Commercant.jpg
La police vient de mettre la main sur un "acheteur" et un "logisticien" d'un réseau franco-roumain de cartes bancaires contrefaites. La perquisition effectuée le lendemain au domicile du Puydomois, à Saurier (40km au sud de Clermont-Ferrand), confirmera la thèse du réseau. La voiture, une BMW, recèle tout le matériel nécessaire à la contrefaçon de cartes bancaires.
Sont saisis deux skimmers destinés à copier les données des bandes magnétiques des cartes bancaires, 112 cartes magnétiques vierges, 16 cartes bancaires contrefaites prêtes à l'emploi, un graveur, une façade de distributeur de billets équipée d'un système électronique artisanal, un ordinateur portable équipé de logiciels permettant la lecture et l'écriture des cartes à pistes magnétique, et bien sûr, des documents mentionnant des noms et des séries de 16 chiffres, ces sésames qui ouvrent les comptes bancaires bien réels.
Il ne manque rien si ce n'est le "technicien" capable de contrefaire les cartes bancaires, mais l'homme d'origine roumaine a déjà pris la poudre d'escampette vers l'Espagne. Où il purge depuis une peine de prison pour escroquerie. Son extradition a été demandée par le juge d'instruction riomois, Bruno Méral, en charge de l'affaire.
Le SRPJ met ensuite la main à Saint-Flour (Cantal) sur les quatre membres de la bande roumaine. Leurs recherches les mèneront jusqu'à Reims, où depuis mars 2006 sont incarcérés pour escroquerie à la carte bancaire deux Roumains disposant de faux papiers grecs. Au fil des interrogatoires se dégage le mode opératoire d'un réseau international dont la tête se situerait sans doute du côté des Carpates, et plus exactement à Brasov, une ville du centre de la Roumanie.
La bande opérait dans les quatre départements auvergnats, mais aussi en Isère, dans l'Aveyron, la Loire, le Vaucluse et la Marne. Les escrocs, qui se faisaient héberger par des compatriotes, écumaient une région, puis envoyaient via des mandats leurs bénéfices au pays. Le montant des escroqueries recensées pour le premier trimestre 2006 s'élèvent à 100.000 euros, "mais il ne s'agit que d'une toute petite partie des escroqueries supposées".

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